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Le chiffre : 1,9
1,9. C'est la nouvelle valeur du coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire, appliquée au calcul du Diagnostic de performance énergétique (DPE) depuis le 1er janvier 2026. Elle remplace le coefficient de 2,3 en vigueur depuis 2021. La mesure est officialisée par un arrêté publié au Journal officiel le 26 août 2025 et confirmée par le ministère de la Transition écologique.
Le principe est technique mais ses effets sont concrets. Le DPE ne mesure pas l'électricité consommée au compteur, mais l'énergie primaire nécessaire pour la produire. Chaque kilowattheure consommé était jusqu'ici multiplié par 2,3 ; il l'est désormais par 1,9, soit −17 %. Un logement chauffé à l'électricité voit donc sa consommation d'énergie primaire recalculée à la baisse, et son étiquette potentiellement améliorée.
Point essentiel : le ministère indique qu'aucun logement ne verra son étiquette baisser. La réforme ne produit que des gains ou des maintiens.
700 000 passoires requalifiées sans travaux
L'ampleur est significative. Selon les estimations gouvernementales, la réforme fait gagner une classe à environ 7 millions de résidences principales, dont 91 % sont chauffées à l'électricité. Surtout, les données les plus récentes du Service des données et études statistiques (SDES) chiffrent à environ 700 000 le nombre de logements qui quittent le statut de passoire thermique (classes F ou G) — l'estimation initiale du gouvernement évoquait 850 000.
À titre de repère, la France comptait 3,9 millions de passoires thermiques au 1er janvier 2025, soit 12,7 % des résidences principales (source ADEME, Observatoire DPE-Audit). La réforme en efface donc près d'un cinquième d'un trait de calcul.
Les logements les plus concernés sont les petites surfaces chauffées à l'électricité. Pour les biens de moins de 40 m², les professionnels estiment que 41 % changent de lettre. Ce profil — studio électrique, forte déperdition rapportée à la surface — est massivement représenté à Paris, où le parc de petits logements et de chauffages électriques individuels est parmi les plus denses de France. Un studio parisien classé F en décembre 2025 peut se retrouver E en janvier 2026, franchissant le seuil qui sépare un bien louable d'un bien interdit à la location.
Autre nouveauté : les propriétaires n'ont pas à refaire de diagnostic. Un DPE réalisé avant 2026 peut être mis à jour gratuitement et sans visite d'un diagnostiqueur, via une attestation de reclassement téléchargeable sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME.
Ce que cela signifie pour votre achat
La requalification a un effet direct sur deux leviers de valeur. D'abord la location : un F qui devient E échappe à l'interdiction de louer les logements classés G (2025) et anticipe celle des F prévue pour 2028. Ensuite le prix : la décote « passoire » observée sur le marché — de l'ordre de plusieurs points sur les DPE F et G selon les Notaires de France — s'atténue mécaniquement pour un bien qui remonte en E.
La prudence reste de mise. Un logement requalifié E n'a pas été rénové : ses factures de chauffage et son confort réel sont inchangés. Le gain est administratif, pas thermique. À l'achat, il vous appartient de distinguer une étiquette améliorée par la réforme d'une performance réellement supérieure — et de vérifier si le bien visé a franchi un seuil réglementaire ou s'il reste, dans les faits, énergivore.
Radar du Bien croise le DPE ADEME, les transactions DVF et les risques Géorisques pour vous aider à comprendre, adresse par adresse, ce que vaut réellement une étiquette — et si la décote énergétique d'un bien est amenée à se résorber ou à s'installer.
Sources
- Ministère de la Transition écologique, communiqué « Évolution du calcul du DPE au 1er janvier 2026 » ; arrêté du 13 août 2025 (JO du 26 août 2025)
- SDES (Service des données et études statistiques), étude novembre 2025 sur les passoires thermiques
- ADEME, Observatoire DPE-Audit (observatoire-dpe-audit.ademe.fr) — parc de logements classés F/G
- Notaires de France, Note de conjoncture immobilière n°72, juillet 2026
Le marché de Paris en chiffres
Voir l'analyse complète →Données mises à jour au déploiement. Sources : DVF Etalab, INSEE, Géorisques. Pour des chiffres en temps réel, voir la page commune.
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