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949 000 ventes, mais un moteur qui cale
949 000. C'est le nombre de transactions de logements anciens enregistrées sur les douze mois glissants à fin mai 2026, selon la note de conjoncture immobilière n°72 des Notaires de France, publiée en juillet. Un niveau qui confirme la sortie du creux de 2023-2024, mais dont la dynamique s'essouffle nettement.
Le signal se lit dans la vitesse, pas dans le niveau. Sur un an, la croissance des volumes retombe à +5,7 % à fin mai 2026, contre +11,4 % à fin février. En trois mois, le rythme de progression a été quasiment divisé par deux. Les notaires parlent d'une « reprise heurtée » et d'un marché qui « retrouve progressivement un point d'équilibre », freiné par un environnement économique incertain et une confiance des ménages dégradée.
Les prix se retournent avant les volumes
Côté prix, l'ancien affiche encore une très légère hausse : +0,2 % sur un an au premier trimestre 2026. Mais la moyenne nationale masque une fracture désormais classique entre appartements et maisons, et entre Île-de-France et province.
- Île-de-France : +0,7 % sur un an, une hausse tirée exclusivement
par les appartements (+1,2 %), tandis que les maisons restent orientées à la baisse (−0,4 %).
- Province : stabilisation après quatre trimestres de hausse, avec
des appartements en légère progression (+0,3 %) et des maisons quasi stables (−0,1 %).
Surtout, les projections issues des avant-contrats — les compromis signés qui préfigurent les prix des prochains mois — pointent un retournement : les prix des logements anciens ressortiraient à 0 % sur un an à fin mai, −0,5 % à fin juin, puis −0,6 % à fin juillet 2026. Ce repli serait porté avant tout par les maisons (−0,9 %), les appartements restant proches de la stabilité (−0,3 %).
Le décor macroéconomique explique cette prudence : les taux de crédit se stabilisent autour de 3,42 % sur 25 ans, soit un pouvoir d'achat immobilier qui ne se redresse plus. La demande solvable plafonne, et les vendeurs de maisons — segment le plus sensible aux coûts d'énergie et de rénovation — sont les premiers à ajuster leurs prétentions.
Ce que cela signifie pour votre achat
Le marché n'est pas en train de rechuter, mais il change de régime. Après dix-huit mois de rebond porté par le rattrapage des transactions, la hausse des prix cède la place à une stabilisation, voire à un léger repli sur le segment des maisons. Autrement dit : le rapport de force ne se durcit plus en faveur des vendeurs.
Cette moyenne nationale se décline très différemment selon les territoires. Un appartement bien classé au DPE dans une métropole tendue et une maison énergivore en zone détendue ne suivent pas la même trajectoire — l'écart peut atteindre plusieurs points sur douze mois. La distinction appartement/maison, la classe énergétique et la localisation précise expliquent aujourd'hui l'essentiel de la performance d'un bien.
Radar du Bien croise ces données — transactions DVF, classe DPE de l'ADEME, risques Géorisques et dynamique démographique INSEE — pour vous aider à comprendre où se situe une adresse dans ce nouveau cycle, au-delà de la moyenne nationale.
Sources
- Notaires de France, Note de conjoncture immobilière n°72, juillet 2026
(transactions à fin mai 2026, prix au 1er trimestre 2026, projections avant-contrats)
- Insee – Notaires, indice des prix des logements anciens, 1er trimestre
2026 (Informations rapides n°130)
- Observatoire Crédit Logement / CSA, taux moyens sur 25 ans, juillet 2026
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